Je crois que vous avez tous à un moment donné de votre existense, ou même encore maintenant, fleurté avec le mouvement anarchiste, enfin les mouvements libertaires; ou même vous l'êtes encore comme Léo Ferré, pour Brassens ça a été un surnom. Pour Léo Ferré, c'est presque une cause militante, enfin un prétexte à des récitals presque insurrectionnels.
Ferré :
Non, je ne suis pas militant, je ne peux pas être militant parce que , je ne peus pas militer pour quelque idées que ce soit, sinon je ne serais pas libre. Et je pense que tout les 2 sont comme moi, parce qe l'anarchie c'est l'abnégation de toute autorité d'ou qu'ellevienne, et je crois que c'est l'exemple vivant de gens qui ont refusé toute autorité d'ou qu'elle vienne. Alors y a pas de problème, moi je suis pas anarchiste plus qu'un autre.
Le véritable anarchiste c'est lui, sincère dans tous ce qu'il fait.
Seulement, évidemment, c'est un problème qui est difficile parce que d'abord l'anarchie ça fait rigoler tout le monde, d'abord ça fait peur aux gens, à la fin ils disent c'est quand vous avez des bombes. Après ça fait rigoler les gens " Oauis anarchie" , et puis anarchie , ça a pris un gout mauvais dans la bouche des gens.
Et puis, depuis quelques mois, singulièrement depuis le mois de mai (1968), c'est vrai que depuis le mois de mai, les choses se sont remisent en place, et je vous assure que les gens, quand vous prononçait le mot "anarchie" même en scène, ils rigolent plus, et la plus part des gens sont d'accord, et ils veulent savoir ce que c'est.
C'est difficile à l'expliquer, les anarchistes eux_même ont du mal à l'expliquer.
Brassens :
Moi quand j'était au mouvement anarchiste, j'y susi resté 2,3 ans, j'ai d'ailleur jamais rompu avec mais enfin , il ne militait plus comme avant, j'étais libertaire à une époque. Chaqu'un avait de l'anarchieune idée tout à fait personnelle.
C'est ça qui d'ailleur est éxaltant dans l'anarchie. C'est que, il n'y a pas quand même un véritable dogme.
Brel:
C'est au départ un refus
Brassens:
C'est une morale, c'est une façon de conceboir la vie c'est difficile à expliquer, une priorité de l'individue
Brel:
Oui et puis je crois que c'est une morale du refus, car si il n'y avait pas ue quelques énergumaine aux cours des milénaires qui n'ont pas dit " non " à un certain moment nous serions encore dans les arbres.
Cela dit, moi je suis tout à fait pour des gens qui ne se considairent pas comme innadaptés, et qui s'adaptent comme ils peuvent et collectivement.
Ferré:
Bien sur, c'est ce qu je voulais dire
Brassens:
Je ne désaprouv jamais rien, les gens font à peu près ce qu'ils veulent.
Alors, je suis d'accord ou je ne suis pas d'accord.
Brel:
C'est ça, c'est ça
Brassens:
On m'a souvent reproché de ne pas vouloir refaire la société parce que j'avais dit ça, mais je ne me sentais pas capable de la refaire, jeme sentirais capable de la refaire la société, si javais les solutions conllectives.
Brel:
Qui a la solution ?
Brassens:
Et y en a qui prétendent l'avoir et dans le monde actuel, il y en a pas beaucoup qui la détienne.
On m'accuser moi justement de ne pas, mais, c'est parce que je ne sais pas ce qu'il faut faire. Si je savais ce qu'il faut faire, si je savais qu'en tournant à droite ou à gaucje en faisant ceci ou cela, vous pensez bien que je le ferais, je sacrifirais ma petite tranquilité, mais c'est parce que je n'y crois pas tellement.
Journaliste :
Et vous, Léo Ferré, vous croyez la même chose?
Ferré:
Oh moi, je suis moins lyrique que lui quand même
Brel :
Toi, tu es complètement désespéré
Ferré :
Oui, voilà voilà c'est ça
Journaliste :
Mais désespéré comment ?
Ferré:
Ben désespéré, en voyant ce qu'il ce passe
"Rire"
Journaliste:
On ne va pas en préciser d'avantage.
Ferré :
On ne peux pas dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Brel :
Ya un phénomène d'impuissance aussi qui est abslument affreux.
Journaliste :
Oui mais vous avez, je coirs, le très fort sentiment d'impuissance et de ne rien faire, j'ai l'impression que vous l'avez déjà mois.
Brel :
Non, le sentiment de ne rien pouvoir faire.
Ferré :
Non, je fais quelque chose au près de mes amis, au près de mes voisins, dans ma petite vie.
Et je pense que c'est aussi valable que si je militais quelque part. Je pense que c'est aussi valable.
Ne pas crier " Haro sur le bodet " quand tout le monde crit " Haro sur le bodet " , c'est une forme d'engagement comme une autre.
Journaliste :
Mais quand même.
Ferré :
Moi je trouve que Georges dans son coeur, je dit bien dans son coeur, il milite d'avantage que moi.
Parce que moi je crois pas en des choses aux quelles il veut encore croire.
Brassens :
Mais moi je fais semblant.
Ferré :
Quand à Brel, lui, ben il est complètement dans son personnage.
Brassens :
Je fais semblant. Léo, je fais comme quand l'amour s'en va, je fais semblant d'y croire encore.
Moi je fais s'emblant Léo, quand l'amour s'en va, on fait semblant d'y croire encore, et ça le fait durer encore un petit peu.
Brel :
Non, quand l'amour s'en va, c'est qu'il est parti depuis longtemps.
Ferré :
Oui, je suis d'accord.